Un coach pour vous aider à trouver un emploi

fardominiatPour lutter contre le chômage, il ne suffit pas de créer des emplois. Encore faut-il être bien préparé au marché du travail. Loin des circuits traditionnels, des initiatives citoyennes tentent, à leur échelle, de répondre à ce besoin pas évident. Et c’est ainsi que les formations de coaching et mentoring poussent comme des cèpes sur le territoire bruxellois.

En passant par la mission locale d’Ixelles pour faire le plein d’informations,  je suis tombée sur une affiche d’« Au top pour un job ». J’ai enfilé mes lunettes pour y voir d’un peu plus près, voilà ce que ça disait : « 6 semaines de formation, de sport et de job coaching pour trouver un emploi”.

Bingo ! Je ne perds pas une minute, j’empoigne mon GSM et appelle l’asbl Emergence-XL à l’origine du projet. Ça tombe bien, leur bureau n’est pas loin. Jamel Bakhi, directeur de l’association, me propose de passer. Il m’explique qu’il s’agit d’une formation pour les jeunes entre 18 et 30 ans. L’objectif est de les accompagner dans la détermination de leur projet professionnel.

Vous me direz, des formations comme ça, il y en a à la pelleteuse. Eh bien justement, c’est là que je vous en bouche un recoin, cette formation n’est pas comme les autres. Elle est associée à des entraînements sportifs qui, je dois dire, sont  assez intenses. Je vous laisse voir par vous-même.

Bon, appelons un chien un chien : ici il s’agit de coaching. Depuis quelques années, on voit de plus en plus se développer ce genre de concept. Le petit dernier dans la famille du coaching s’appelle le mentoring. Ici, c’est une personne expérimentée qui partage ses connaissances personnelles pour aider l’autre à mettre en place un projet professionnel. Bernard Buntinx, directeur de Promo Jeunes, parle d’ “une idée très dans l’air du temps, très américaine”.

A Bruxelles, Duo for a job, est un petit nouveau dans le monde du mentorat. Créée en 2012, l’association a pour objectif de faire « matcher » un mentor retraité avec un jeune primo-arrivant en Belgique. Matthieu Le Grelle, administrateur délégué de l’association, m’explique que “le but est que le jeune se sente beaucoup plus outillé dans sa recherche d’emploi, soit plus autonome, commence à avoir un réseau en Belgique et finalement, à terme, puisse trouver un métier dans lequel il s’épanouisse.

Mince, il est déjà 13h ! Je dois vite prendre le bus 71 pour retrouver les jeunes d’Au Top pour un Job à la Maison de l’emploi, Porte de Namur, pour la deuxième partie de la journée. C’est la mission locale d’Ixelles qui prend le relais pour les ateliers de l’après-midi.

Ma tignasse rousse et moi nous échappons discrètement pendant la séance. La journée m’a rendue tellement enthousiaste que j’en perdrais presque mon sens critique.

De retour à mon bureau, je retrouve un rapport de la fondation roi Baudouin de 2010 qui répertorie les initiatives de mentoring pour accompagner les jeunes en Belgique. Je me penche sur la liste des associations qui avaient été étudiées à l’époque. Et là, triste constat, beaucoup d’entre elles n’existent plus. Je me lance à la recherche de ces projets disparus.

Je réussis à mettre la main sur Marie-Laure Warland, fondatrice de feu Cap mentoring, qui m’explique que pour sa part, c’est le manque de moyens financiers qui a mis fin à l’expérience. Voilà qui soulève un problème. Dans le milieu, on déplore le fait que, si les politiques pointent du doigt le chômage des jeunes, les initiatives pour changer la donne ne sont au final pas toujours la priorité numéro un.

Je termine ma virée par un saut à l’ULB où Bernard Buntinx m’attend dans son bureau. Il est le directeur de Promo-jeunes, qui avait collaboré en 2011 au projet de mentoring Bright Future, aujourd’hui en suspens. Il n’a d’ailleurs jamais vraiment cru en cette idée :

Ce qu’on n’aimait pas trop, c’est que c’était un suivi très personnel, très individuel. Se dire que c’est grâce à quelqu’un, et seulement à ce quelqu’un, qu’on va pouvoir devenir quelque chose, c’est un truc qui ne tient pas la route.”

Bernard Buntinx continue sur sa lancée, pointant un autre aspect qui l’avait dérangé à l’époque :

Même si c’est plein de bonnes intentions, ce n’est pas un projet très égalitaire. Finalement, tout cela sert plus au mentoreur qu’au mentoré. Pour eux, c’est un plus d’empathie, cela donne un sens à ce que le coach a fait avant dans sa vie professionnelle, pour avoir la place qu’il a aujourd’hui.”

Évidemment, les résultats de ces projets sont difficilement évaluables. Si un jeune finit par trouver un emploi, on ne peut pas déterminer précisément dans quelle mesure le coaching ou le mentoring a joué un rôle. Quoiqu’il en soit, même si ces initiatives peuvent paraître anecdotiques, c’est peut-être en cumulant ces projets que l’on pourrait arriver à de vraies solutions.

Posts en rapport

Digg it StumbleUpon del.icio.us Google Yahoo! reddit

Laisser une réponse